Freelance Fair

N° 721 – Mardi 21 mars 2017

C’était la foule, jeudi dernier, dans l’espace de coworking La Mutinerie, pour la Freelance Fair : les organisateurs annonçaient 450 billets vendus, et proposaient 80 intervenants dans une trentaine de tables rondes étalées durant tout l’après-midi. De la définition du « freelance » à l’avenir du travail indépendant – du travail dans toutes ses formes –, tous les sujets ont été abordés. Synthèse.

Si la définition du freelance est consensuelle – travail non salarié à finalité professionnelle, autonomie, paiement à la tâche, contrats courts –, il suscite tout de même des réflexions marginales : tous les travailleurs « indépendants » sont-ils de la même espèce ? Le développement d’une multitude de jobs « uberisés », la location de locaux ou de biens, etc., suggère que les frontières du travail « professionnel » et du travail « amateur » se dissolvent.

C’est d’ailleurs probablement le sujet de fond de l’ensemble de la journée, résumé dans le titre d’une des tables-rondes : « Le travail dans tous ses états ». Odette Chagny, économiste à l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales, développé par les 5 organisations syndicales les plus représentatives) en fait le tour (transformation numérique, économie distribuée, création de valeur externalisée par rapport aux organisations…), et pose les bonnes questions : comment mesurer le travail immatériel ? comment rémunérer un tel travail si on ne peut le mesurer ? que devient le statut du « salarié » si on ne peut mesurer sa « production » ? C’est donc bien vers un statut de l’ « actif » qu’il faut se diriger, mais en remettant en chantier les notions de subordination et d’autonomie…

Le débat se développe alors vers l’évolution nécessaire du modèle économique et social : « Quel modèle social pour demain ? », table-ronde entre les auto-entrepreneurs (François Hurel, président de l’Union des Auto-Entrepreneurs), les coopérations d’activité et d’emploi, les sociétés de portage et les syndicats, représentés par la CFDT. Principale conclusion : si le modèle économico-social des chauffeurs de type Uber est aberrant, ce n’est pas en l’assimilant au salariat qu’on améliorera le sort des participants, mais en faisant évoluer la protection sociale de TOUS les travailleurs vers un modèle social « convergent » où tous seraient couverts identiquement pour leurs retraites, leur couverture maladie (soins et indemnités journalières) et la perte subie d’activité… Voilà un objectif que nous ne saurions réfuter.

L’ensemble de la journée a donc été studieuse, mais dans une atmosphère légère et pétillante. L’assistance frappait en effet par sa jeunesse – âge moyen, à vue de nez, 25-30 ans – et son enthousiasme – les applaudissements fournis le concrétisaient bien. Et par sa féminité : à vue de nez, les 2/3 de l’assistance (peut-être les hommes étaient-ils au travail ?).

La nouvelle génération numérique, c’est le printemps !

Freelance Fair, 16 mars 2017

 

Prochaine CyberGazette – Mardi 28 mars 2017

 

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