Bonne rentrée

N 700 – Mardi 30 août 2016

Les vacances sont finies ? Les enfants rentrent à l’école ? Vos clients vous retrouvent avec un accueil chaleureux ? La CyberGazette vous souhaite une bonne rentrée à toutes et à tous !

Nous ne commenterons pas les événements – tragiques ou comiques – de cet été, vos médias favoris l’ont déjà fait, et pas grand’chose ne s’est produit concernant spécifiquement les freelances.

Sauf le vote de la loi Travail (Loi n°2016-1088 du 8 août 2016), au marteau-pilon de l’article 49-3. Elle concerne les indépendants en deux domaines :

– Le « compte personnel de formation », ouvert au « travailleur indépendant, membre d’une profession libérale ou d’une profession non salariée ou conjoint collaborateur, afin de suivre, à son initiative, une formation. Le compte ne peut être mobilisé qu’avec l’accord exprès de son titulaire. Le refus du titulaire du compte de le mobiliser ne constitue pas une faute. » (art. L6323-2 du Code du Travail tel que modifié par la loi) – art. 39 sq. de la loi ;

– Responsabilité sociale des plateformes électroniques : prise en charge des cotisations ‘accidents du travail’, de la contribution à la formation professionnelle, droit de constituer une organisation syndicale et d’organiser des « mouvements de refus concerté de fournir leurs service » sans être pénalisé par la plateforme… – art. 60 de la loi.

Il faudra attendre les décrets d’application pour évaluer l’impact de ces articles, nous aurons l’occasion d’en reparler.

Bonne rentrée.

Coursiers

L’été a été meurtrier pour TakeEatEasy, une plateforme belge de livraison de repas via des coursiers à bicyclette indépendants, qui a été placée en redressement judiciaire le 26 juillet. Les coursiers et les restaurateurs liés à cette enseigne n’ont pas été payés pour le mois de juillet, et tentent, tant bien que mal, de récupérer leurs émoluments. Des concurrents comme Foodora, ou la filiale Geopost du groupe La Poste, ou des investisseurs français ou allemands seraient prêts à racheter l’enseigne. TakeEatEasy fonctionnait depuis 3 ans, et avait déjà levé deux appels de fonds pour 16 millions d’euros, mais n’est pas parvenue à en lever une troisième.
Les 400 coursiers belges seront indemnisés, parce qu’ils facturaient leurs services via la Smart (Société mutuelle pour artistes), qui fournit une protection sociale aux freelances. C’est la Smart qui deviendra créancière de TakeEatEasy. En France, les 2 500 coursiers, auto-entrepreneurs, tentent de se constituer en collectif (CCF, Collectif des coursiers franciliens, Fusée verte à Lyon et Grenoble, un autre à Bordeaux) pour obtenir une requalification de leur contrat de sous-traitance en contrat salarié – ou défendre un « statut plus protecteur« , « à mi-chemin entre auto-entreprenariat et salariat », comme le déclare leur porte-parole Mattieu Dumas à l’AFP . Ils suivent avec attention une autre action au prud’homme intentée par un coursier, Jérôme Pimot, contre TokTokTok, une société identique – mais le verdict risque de prendre quelques mois.
D’après Grégoire Leclerc, président de la FeDAE (Fédération des Auto-Entrepreneurs) et à la tête de l’Observatoire de l’ubérisation, ils sont 80 000 travaillant pour une plateforme numérique en France (sur 1 million d’auto-entrepreneurs)
http://www.takeeateasy.fr/ http://www.frenchweb.fr/chloe-roose-takeeateasy-les-mots-justes-pour-vous-dire-au-revoir/252083

Coursiers (suite)

L’autre nouvelle vient d’Angleterre, où les coursiers d’une plateforme concurrente de TakeEatEasy, Deliveroo (qui a levé un appel de fonds de 275 millions $ en juillet, ce qui la valorise à environ 1 milliard $), se sont mis en grève cet été. Vous avec bien entendu : les coursiers indépendants anglais se sont mis en grève ! La raison en était une modification de la tarification de la prestation par la plateforme : au lieu de payer 7 £ de l’heuire, plus 1 £ par course, la plateforme proposait 3,75 £ par livraison (la £ vaut environ 1,20 euros) – ou de changer le secteur de courses du coursier.
Aidés par un syndicat d’indépendants (Independent Workers Union, IWGB), ils ont pu lever plus de 12 700 £ auprès d’un millier de donneurs, ce qui leur a permis de financer leur action. Résultat : le 15 août, Deliveroo annonce que l’essai de la nouvelle tarification ne durera que 90 jours, et qu’aucun coursier ne sera obligé d’y souscrire… pour l’instant.
Sur la lancée de cette action, et toujours en Angleterre, les coursiers de Uber Eats, réunis dans un syndicat ‘United Voices of the World’, ont planifié une manifestation devant le siège londonien de la plateforme le vendredi 26 août pour protester contre la diminution des tarifs proposés, et ont l’intention de continuer tous les vendredis. Mais la plateforme argumente qu’ils recrutent de plus en plus de coursiers : « une centaine de nouveaux juste la semaine dernière »… A suivre.

Uber

A Pittsburg, Etats-Unis, la plateforme va lancer dans quelques semaines ses premières courses dans une voiture autonome Volvo XC90 (SUV 7 places). Dans un premier temps, un ‘superviseur’ se tiendra sur le siège du conducteur, et un aide à côté de lui, chargé d’enregistrer tous les événements – en même temps qu’une batterie de caméras à l’intérieur et à l’extérieur du véhicule. Les passagers ne paieront rien lors de ces essais.

Prochaine CyberGazette – Mardi 13 septembre 2016

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