Revenus des freelances 2014

N 683 – Mardi 26 janvier 2016

Peu de changement dans les revenus 2014 (par rapport à 2013). Synthèse (voir tableaux attachés Revenus_F_2014 et Graphique_Evolution_2014).

En moyenne
Les revenus diminuent encore en 2014 (après 2013), alors que le coût de la vie augmente (peu : +0,4 % après +0,8 % en 2013), depuis le ‘sommet’ de 2012, et les bénéfices restent constants – i.e. diminution relative. Toutefois, il est intéressant de noter la remarquable stabilité de ces revenus : 28 884 euros en 2001 -> 33 602 en 2014, soit, en euros ‘constants’, 28 884 -> 26 681. La population, elle, se renouvelle puisque l’Unasa annonce un taux de renouvellement de 10 à 15% chaque année. C’est donc que l’évolution annuelle des tarifs qui est (relativement) stable.

Par profession
Seuls les infographistes tirent leur épingle du jeu (bénéfices en progression de 12 %), avec les agents commerciaux (+4 %) et les interprètes-traducteurs (+3 %). Les autres stagnent ou diminuent : -7 % pour les attachés de presse, -6 % pour les photographes, -3 % pour les ingénieurs-études techniques. Mais même les experts-comptables, pris pour information cette année, voient leurs recettes (-10 %) et leurs bénéfices (-6 %) diminuer. Maigre consolation.

Sur le long terme
En comparant aux résultats de 1998 : 28 884, on constate une évolution de +16,33 % (28 884 à 33 602 euros), à comparer à l’augmentation des prix (indice des prix de l’Insee, hors tabac) : +30,5 % (96,50 à 125,94), soit, en euros constants, une diminution de 14 points en 16 ans, soit approximativement 1 point par an.

Mais ceci est une moyenne – nous savons bien que nos revenus oscillent chaque année sans aucun respect pour la ‘moyenne’ !

Comparaison
Pour information, il est intéressant de comparer les revenus de deux professions typiquement indépendantes : les traducteurs et les formateurs. Leurs recettes sont assez éloignées : 48 000 euros pour les traducteurs, 60 000 pour les formateurs en 2014 (49 000 et 61 000 en 2013), et pourtant leurs bénéfices sont semblables : 27 000 pour les un(e)s ; 25 000 pour les autres (26 000 et 25 000 en 2013). Où est passée la différence ?

Premiers postes de différence : les achats, 0,9 % des recettes pour les traducteurs, 2,6 % pour les formateurs – et les charges de personnel : 0,9 % et 4,4 %. Déjà 5,2 % de différence (en absolu, la différence est encore plus importante puisque les revenus des uns sont 25 % plus faibles que ceux des autres).

Ensuite, il faut chercher parmi les charges externes (les impôts et taxes et les dotations aux amortissements sont semblables). Première différence, les frais de déplacement : 5,6 % pour les premiers, 14,2 pour les seconds (soit respectivement 2 700 et 8 600 euros, presque 3 fois plus) – l’explication semble simple : un formateur se déplace plus souvent pour exercer son métier qu’un traducteur… mais ses trajets professionnels ne sont-ils pas remboursés par ses clients ?

Seconde différence, cette fois-ci à l’envers, les charges sociales personnelles : 19 % pour les traducteurs, 15 % pour les formateurs. Mais cette fois-ci la différence est explicable : en brut, 9 200 et 9 100 euros, les charges sont similaires (aux alentours de 35 % des bénéfices, comme tout le monde*) – puisque l’assiette réelle de ces charges sociales (le bénéfice) est similaire.

Au total, pour les charges externes : 38 % pour les traducteurs, 47 % pour les formateurs – 9 % qui s’additionnent aux 5 % précédents.

L’un dans l’autre, le résultat est clair : les traducteurs empochent 55 % de leurs recettes en bénéfices, et les formateurs seulement 41 %. cqfd

Comme quoi, avoir de belles recettes n’est pas la panacée. Encore faut-il ne pas les dépenser en charges professionnelles.

Espérons que l’année 2016 sera meilleure.

* Seules exceptions, les infographistes et les photographes, aux alentours de 20 % – parce qu’une partie de ces professionnels se font payer en droits d’auteur et cotisent aux Agessa.
Source : http://www.unasa.fr/

Prochaine CyberGazette : mardi 2 février 2016

Publicités