Les freelances ont le moral!

N 679 – Mardi 1 décembre 2015

Le site d’intermédiation Hopwork a publié une enquête réalisée auprès de 600 freelances en novembre 2015. Il n’y a guère de surprises dans les résultats, mais, par les temps qui courent, leur publication fait du bien au moral.

Heureux
94 % des répondants se disent « fier(e)s » d’être freelance. Les 6 % restants sont-ils donc ‘honteux’ ? Non, ce n’est pas ce qu’ils disent, mais ils n’en sont pas ‘fiers’ pour autant… ce n’était sans doute pas leur choix.

Conditions de travail
23 % d’entre eux travaillent moins de 35 heures (par semaine) – résultat étonnant, sauf s’ils sont freelances à temps partiel. Le reste se partage entre 35 et 70 heures, avec tout de même 4 % avouant travailler plus de 70 heures – pas 52 semaines par an, espérons-le.

En compensation, 45 % se déclarent moins stressés que dans leur situation salariée précédente – mais 23 % le sont plus (31 % également). Moins stressé ? ouais…

Plus instructif est la question sur leurs clients : 43 % déclarent travailler (principalement) pour des TPE/PME, 15 % seulement pour des grands comptes, et 20 % pour des agences, sociétés de service ou autres – 13 % pour des start-ups, et 8 % « en recherche de clients ». D’un côté, peut-être les grands comptes ne s’adressent-ils pas à des sites d’intermédiation comme Hopwork ; d’un autre, il y a en France 5 243 grandes entreprises (grandes et de taille intermédiaire – plus de 250 salariés) contre 138 000 TPE/PME et 3 millions de micro-entreprises – moins de 10 salariés (chiffres Insee 2011). Que 43 % des travailleurs indépendants travaillent pour 96 % des entreprises (hors micro-entreprises), et 15 % pour les 4 % de grandes entreprises n’est pas une surprise – cela inverse en fait la proposition : proportionnellement, les freelances travaillent en majorité pour des grandes entreprises. Maintenant, avec qui les agences, sociétés de service et autres travaillent-elles donc ? Intuitivement, on choisirait plutôt les grandes entreprises, ce qui renforce la dernière hypothèse – mais ce n’est qu’une intuition.

Plus d’argent ?
La réponse est mitigée : 37 % déclarent gagner plus d’argent que lorsqu’ils étaient employés, et 36 % moins – 16 % pareil, et 11 % n’ont jamais été employés ! Le résultat est réaliste, tout le monde sait bien que ce n’est pas en étant salarié ou non salarié que l’on gagne vraiment de l’argent – c’est plutôt en employant du personnel ou en jouant aux courses (ou à la Bourse) !

La motivation des freelances n’est pas là, pour sûr.

Liberté
Quelle est cette motivation, alors ? Réponse à la question « Qu’est-ce qui plaît le plus aux freelances ? » :
Gérer son temps, 23 % ;
Etre son propre patron : 20 % ;
Avoir une diversité de missions : 20 % ;
Une meilleure qualité de vie : 17 % ;
Choisir ses clients : 12 % ;
– Gagner plus d’argent : 8 %.

On voit que la réponse n’est pas bassement matérialiste. Sans doute parce que d’une part, « gagner plus d’argent » n’est pas un mobile ‘honorable’ – on ne l’affiche pas –, d’autre part parce que chacun sait qu’un(e) freelance ne gagne jamais des millions – cela ne peut pas être LA motivation…

En revanche, les autres motivations sont réelles, et concrètes.

Mieux qu’avant ?
Oui, à 60 % ! (non pour 10 %). C’est un cri du cœur.

Qui n’empêchera pas, toutes choses égales par ailleurs, de retrouver un emploi salarié si l’occasion se présente.

Les temps changent, mais les hommes(femmes) s’adaptent.

Hopwork : www.hopwork.fr/
Communiqué de presse, 30/11/2015 : http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2007177/diff_2711_20121415540.txt

Publicités