Conjoints de TNS

N. 672 – Mardi 6 octobre 2015

L’observatoire Alptis de la protection sociale (Alptis est une société d’assurance spécialisée dans l’assurance des indépendants) a missionné deux spécialistes pour enquêter sur ces personnes : Stéphane Rapelli, économiste (que nos lecteurs ont déjà rencontré dans de précédentes CyberGazettes), et Sandrine Meyfret, sociologue.

Les conjoints
Il y a environ 2,7 millions de TNS en France, et 2,2 millions de conjoints.

Le conjoint de TNS est majoritairement une femme (71,5 % – ce qui veut dire que 28,5 % sont des hommes) âgée de 45 ans qui, pour plus d’un tiers, a un niveau d’études supérieur au CAP. Un sur deux est salarié, un quart est TNS. Quand il est salarié du privé, il l’est 9 fois sur 10 dans une entreprise autre que celle de son conjoint. Il appartient le plus souvent à la catégorie socioprofessionnelle des employés – mais plus de 20 % des conjoints de professionnels libéraux sont cadres ou professions intellectuelles supérieures.

Les couples
L’étude distingue trois types de couples :

1. Le couple asymétrique, dans lequel le conjoint du TNS est inactif – typiquement une femme au foyer vivant en couple avec un travailleur indépendant (ou un-e retraité-e). Le rôle de l’époux-se est de permettre à son conjoint de maximiser son temps de travail. Cela concerne les couples dont le TNS jouit de revenus permettant d’assurer un train de vie confortable au ménage.

2. Le couple entrepreneurial, dans lequel le conjoint est déclaré comme associé, collaborateur ou salarié du TNS. L’entreprise possède un caractère familial, particulièrement fréquent dans les très petites entreprises de l’artisanat et du commerce.

3. Le couple mixte, où les conjoints exercent une activité professionnelle sans lien avec celle de l’autre. L’avantage est que le revenu du conjoint salarié sécurise les revenus du foyer et permet au TNS de conserver son activité. « Preuve des avantages qu’ils proposent, les couples mixtes sont passés de 40 % à 52 % de 1992 à 2013. »

Le temps disparaît où « épouser un indépendant, c’est épouser l’entreprise… » En revanche, l’implication du conjoint dans le style de vie imposé par l’indépendance est toujours indispensable, qui impose de partager les temps mixtes « familiaux-professionnels », et les aléas financiers. Plus précisément, « les chiffres révèlent que près de 70 % des conjoints prennent directement part aux décisions concernant l’entreprise. »

En conclusion, « Le couple mixte est en passe de devenir le modèle dominant. En associant les salaires/retraites d’un des conjoints aux revenus non-salariés de l’autre, il permet d’assurer la sécurité économique au ménage, l’autonomie professionnelle du conjoint et une répartition des tâches domestiques plus souple. »

Et la sociologue de conclure : « Tous les codes sociaux qui nous régissent depuis quelques milliers d’années sont remis en cause. »

Vive le travail indépendant !

Lettre et étude de l’Observatoire Alptis, juin 2015

Prochaine CyberGazette le mardi 20 septembre

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